Decouvrez » Culture » Histoire des grandes civilisations » Histoire de la Grèce antique
La période suivant l'effondrement catastrophique de la civilisation mycénienne en Grèce (vers 1200 av. J.-C.) est marquée par une succession de migrations de peuples barbares originaires du nord créant de nombreuses cités-Etats, dont Sparte et Athènes, qui comptent parmi les plus importantes, ainsi que par une phase de colonisation grecque sur les rivages de la Méditerranée. Pendant plusieurs siècles, l'histoire grecque est faite de querelles entre des provinces cherchant à s'approprier des ressources limitées. C'est aussi à cette période qu'apparaissent la philosophie et la science et que Homère compose ses deux poèmes épiques que sont l'Illiade et l'Odyssée. Aucune raison valable ne semble pouvoir expliquer pourquoi les Hellènes, peuplant des cités-Etats isolées et éparpillées sur une terre relativement pauvre et peu développée, sont devenus une civilisation intellectuelle surpassée uniquement, et encore, par les splendides civilisations du Yangtze, du Tigre et de l'Euphrate et des vallées du Nil. Il en a pourtant été ainsi.
Les guerres médiques (492-449 av. J.-C.) sont déclenchées par une révolte des colonies grecques d'Asie mineure et mettent les Grecs sur le devant de la scène mondiale. Athènes et Erétrie envoient une petite flotte pour soutenir la révolte, que les empereurs perses utilisent comme prétexte pour envahir le continent grec à deux reprises. En 490 av. J.-C., l'armée perse dirigée par Darios Ier (522-486 av. J.-C.) débarque dans la plaine de Marathon sans rencontrer d'opposition. Avec l'aide des Spartiates appelés en renfort, l'armée grecque menée par les Athéniens remporte une victoire décisive. Dix ans plus tard, une seconde invasion, marquée par la vaillante résistance des Spartiates et des Thespiens aux Thermopyles (481 av. J.-C.), s'achève par la cruelle défaite de la flotte perse à Salamine. Des luttes sporadiques entre les ligues grecques et les Perses continuent pendant 30 ans, jusqu'à ce que la paix de Callias (449 av. J.-C.) mette fin aux hostilités. La surprise liée à ce triomphe grec permet d'assurer la survie de la culture grecque et des structures politiques.
Les tensions croissantes entre les vainqueurs conduisent à la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.) entre Athènes et Sparte. La ligue athénienne constitue en fait un empire comprenant la majorité des Etats insulaires et côtiers situés sur les rivages de la mer Egée, tandis que Sparte est à la tête d'une alliance de cités indépendantes composée de la majorité des puissances situées à l'intérieur de la péninsule. Le conflit s'achève en 404 av. J.-C., avec la capitulation d'Athènes, affamée par un blocus intégral. L'anéantissement et le déclin d'Athènes constituent peut-être la perte la plus importante lors de cette guerre qui met fin à l'unité grecque.
A cette époque, une nouvelle puissance se développe au nord de la Grèce. En 353 av. J.-C., Philippe Ier règne sans partage sur une Macédoine aux frontières considérablement agrandies. Les tactiques de la phalange sont largement connues depuis les civilisations sumériennes et égyptiennes antiques, mais Philippe Ier améliore le recours tactique aux forces armées de lances, qui s'organisent alors dans des blocs denses et massifs de huit, voire seize rangs, sacrifiant ainsi la flexibilité et la mobilité au profit d'une protection et d'une puissance renforcées. Sauf si Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.) est lui-même responsable de l'assassinat de son père en 336 av. J.-C., il ne pouvait pas prévoir la date à laquelle il lui succèderait, mais il y était sans aucun doute préparé. Eduqué par Aristote et chargé de gouverner la Macédoine lors de l'attaque de Byzance par Philippe Ier, Alexandre bat les Mèdes, un peuple barbare, en 340 av. J.-C. Deux ans plus tard, il commande l'aile gauche de l'armée lors de la bataille de Chéronée, au cours de laquelle Philippe Ier l'emporte contre l'alliance des Etats grecs et devient maître de toute la Grèce. Utilisant habilement les soldats de son père, Alexandre le Grand envahi l'empire de Perse et entame l'une des plus grandes campagnes de l'histoire. Dix années et des milliers de kilomètres plus tard, Alexandre le Grand a détruit l'empire perse et fondé un royaume s'étendant de la Macédoine aux frontières de l'Inde. A sa mort, à l'âge de 33 ans, Alexandre le Grand avait initié un nouvel âge en répandant l'hellénisme dans tout le Moyen-Orient, par une vaste vague colonisatrice, et créé, si ce n'est au niveau politique au moins sur les plans économique et culturelle, une civilisation unique s'étendant de Gibraltar au Pendjab, ouverte aux échanges commerciaux et intellectuels.
L'empire grec ne survit toutefois pas à la mort d'Alexandre le Grand. Au cours d'un interrègne de 40 ans (323-280 av. J.-C.), les provinces deviennent des royaumes indépendants, plusieurs généraux d'Alexandre le Grand souhaitant s'approprier le pouvoir en recourant à des effusions de sang et à des assassinats mais ne parvenant toutefois pas à s'allier contre l'arrivée d'une nouvelle puissance militaire Rome qui en viendra à bout.



