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La cité antique de Baalbek

La ville de Baalbek, située au pied du versant sud occidental de l'Anti-Liban, se trouve à 85 km de Beyrouth. Elle secarte positionne à une altitude de 1150m, en bordure de la riche plaine de la Békaa, lantique Coelesyrie. Son emplacement entre les deux grandes régions civilisées de lAntiquité, installées tespectivement sur le Nil et l'Euphrate, était hautement stratégique. La cité se trouva ainsi sur une principale voie de passage des caravanes marchandes sillonnant les routes entre la Mésopotamie, l'Egypte et toute la Méditerranée orientale.

L'abondance de leau, favorisée par la présence de deux sources encouragea les caravaniers à faire halte dans ces lieux. Les commerçants venant des cités de la côte et qui vendaient leurs produits dans l'arrière pays, profitaient également de cette escale à mi-chemin.

Baalbek Dans cette cité phénicienne de l'intérieur , loin de ses soeurs maritimes perchées sur les promontoirs rocheux de la côte, la religion avait aussi son rôle dans la vie quotidienne. Les hommes cherchaient la protection des dieux les guidant durant leurs déplacements. Le culte religieux à Baalbek était dédié, à linstar des autres cités, à une triade locale. Selon la légende, Baal-Hada est le dieu phénicien du soleil. D'ailleurs, dans l'ancien testament, Baal désigne tous les faux dieux, notemment le dieu de la fertilité dont le culte sera dénocé par Rome pour ses sacrifices d'enfants, sa lascivité et son idôlatrie. Dans le premier livre des rois, l'imposture des prophètes de Baal est denoncée par le prophète Elie sur le mont Carmel. Au côté de Baal-Hadad trônait la déesse Atargatis, déesse-mère syrienne et un jeune dieu) de la végétation et des troupeaux.

La Baalbek Grecque.

A la mort dAlexandre le Grand en 323 av.J.C., son empire fut partagé entre ses généraux. Ptolémée prit lEgypte pour lui et ses descendants. Il joignit à ses possessions les régions de Phénicie et de Syrie jusquen 219 av.J.C. En 198 av.J.C. ces régions passèrent sous le règne des rois Séleucides et y restèrent jusquà larrivée des Romains avec Pompée en 65 av.J.C. qui, envoyé par le Sénat pour mettre fin au désorde causé par les guerres civiles, instaura la Pax Romana.

Au cours de lépoque hellénistique (333-64 av.J.C.), sous linfluence des Ptolémées, les cucarte de baalbekltes de Baalbek furent solarisés. Baal fut identifié au dieu égyptien Rê et au dieu grec Hélios doTombe Romainennant ainsi à la ville le nom dHélioplolis, "la cité du soleil", comme la grande métropole égyptienne. La cour de l'ancien temple fut modifiée et agrandie et lon décida la construction dun podium à son extrémité ouest, destiné à porter un temple à la mode grecque. Comme la cour se trouvait déjà surélevée par rapport au niveau de la plaine environnante, il aurait fallu que le podium soit assez solide pour supporter une construction à la mesure de la cour (135 X 113m). Après le transport de trois blocs de 750T (le Trilithon), les ingénieurs abandonnèrent cette technique (une légende évoquait la présence dextraterrestres ou de Djins qui auraient tranporter ces trois blocs). Un quatrième bloc resta sur place dans la carrière non loin du temple. Le travail fut poursuivi mais avec des blocs de taille plus modeste. Le podium est le seul vestige datant de cette époque hellénistique. Lagrandissement et lembellissement des temple fut entrepris avec les Romains.

La Baalbek Romaine

Baalbek Peu de temps après l'établissement de la colonie militaire romaine, vers 16 av.J.C., à l'époque dAuguste (27 av.J.C.- 14 ap.J.C.) les Romains décidèrent de donner à ce centre de culte local, un cadre classique grandiose, affichant ainsi la grandeur de Rome dans cette nouvelle région conquise. Ainsi débuta la construction du temple tel que nous le connaissons à travers ses ruines actuelles. Lentreprise, colossale par ses desseins, avait besoin de quelques siècles pour se concrétiser dans son intégralité. Le temple de Jupiter, premier des temples de la triade, fut construit en plusieurs étapes. Il était déjà bien avancé sous Néron (54-68) lorsque commença lédification de la tour-autel qui le précède. Cest Trajan (98-117) qui lors dune visite à Baalbek en 100, lanca l'aménagement de la grande cour. Elle ne fut terminée que près dun siècle plus tard après quAntonin le Pieux (138-161) entreprit l'érection du temple de Bacchus.

Le temple de Bacchus

Baalbek Le temple de Bacchus est l'édifice le mieux préservé de Baalbek et il est aussi l'un des plus beaux monuments romain monumentaux encore debout. C'est édifice pourtant immense (de la taille de l'eglise de la Madeleine a Paris) était pourtant appelé « le petit temple », car il se dressait a coté du gigantesque temple de Jupiter. Le temple de Jupiter d'une hauteur de 30 a 40 mètres était précédé d'une cour octogonale. Pavée de mosaique. Il ne subsiste que six colonnes monumentales de ce temple, ayant resistées aux multiples tremblements de terre. Lensemble des trois temples (Jupiter, Bacchus et Vénus) fut inauguré au III°siècle sous les Sévères Les Romains réalisèrent l'importance de la position stratégique de Baalbek, au carrefour des routes reliant lOrient et LOccident, plaque tournante des caravanes marchandes et à partir de laquelle ils évoluaient vers dautres régions. Depuis cette cité centrale, ils pouvaient contrôler toute la Syrie intérieure, ils décidèrent alors, vers la fin du II°s de désigner Baalbek-Héliopolis province romaine sous le nom de "Colonia Italia Augusta Felix Heliopolis"

La Baalbek chrétienne

La conversion de l'empereur Constantin (307-337) au christianisme marque l'arrêt des cultes païens mais surtout la cessation des travaux dembellissement qui sétaient poursuivis jusqualors dans les temples de Baalbek-Héliopolis. L'abandon progressif du site le voua à une lente déchéance, en plus des séismes violents qui ébranlèrent les colonnades. Le zèle religieux népargna pas le reste. Théodose (379-395) fit abattre les statues païennes avec un tel acharnement quaucune statue digne dintérêt ne fut retrouvée sur place(9). Il fit également raser la tour-autel pour coVue de Baalbeknstruire dans la grande cour une grande basilique et transforma la cour hexagonale en église et le temple de Vénus en chapelle. Quant à Justinien (527-565), il prélèva huit colonnes du temple de Jupiter pour en orner la basilique Sainte Sophie. A la suite de la conquête Arabe en 637, les temples furent transformés en citadelle (qala) dou le nom actuel du site "Qalat Baalkek". Au cours des siècles suivants, la ville passa successivement aux mains des Omeyyades,& des Abassides, Toulounides, Fatimides et Ayyoubites. Mise à sac par les Mongols vers 1260, elle connut une période de calme et de prospérité sous les Mamluks mais fut de nouveau délaissée par les Ottomans sombrant ainsi dans l'oubli et la ruine.