Decouvrez » Culture et voyage » Les villes antiques » Pétra

La ville antique de Pétra.

Les premières traces d'habitation remontent au neolitique vers 9000 avant jc.
La cité a très certainement été occupée par les édomites (ennemis d'Israel) à partir du premier siècle avant Jésus-Christ. Ces derniers quitteront Petra pour Hebron suite a la victoire de Nabuchodonosor, leur allié, sur Israël.

 

 

Période Nabatéenne de Pétra.

 

Les Nabatéens forment une tribu arabe dont l'origine géographique est imprécise. Selon la Bible, leur ancêtre éponyme serait Nebayot ; l'aîné des douze fils d'Ismaèl.
IPétra colonnesls occupent progressivement le royaume d'Edom déserté par ses habitants. C'est une infiltration pacifique. Ils sont installés dans la région de Pétra vers le VIè siècle av. J.-C. Dès l'époque la plus ancienne, les Nabatéens ont utilisé pour leurs écrits l'araméen. Les inscriptions nabatéennes retrouvées s'échelonnent du Ier siècle av. J.-C. jusqu'au IVe apr. J.-C. Elles comprennent des inscriptions monumentales et surtout des milliers de graffiti, notamment dans le Sinaï.
D'apres Strabon :"Le peuple des Nabatéens déteste le luxe et la mollesse car il a toujours vécu dans une grande retenue. La loi punit rigoureusement quiconque dissipe sa fortune et récompense, au contraire, celui qui l'augmente. Ils ont une si grande horreur des corps morts qu'ils les jettent dans des cloaques ou les enterrent dans le fumier, y compris ceux des rois. Les Nabatéens adorent le soleil. Ils sont circoncis à l'âge de trois ans, comme l'avait été Ismael, et il leur est défendu de manger du porc. Les caravanes comptaient tant d'hommes et de chameaux qu'elles ressemblent à une véritable armée."

 

Période romaine de Pétra

Après avoir conquis la Syrie et la Palestine en 63 av. J.-C., Pompée voulut annexer Pétra pour punir les Nabatéens du soutien apporté aux Parthes qu'il venait de défaire. Le siège mené par son général Scaurus échoue : il lève le siège de cette forteresse naturelle contre une rançon de 300 talents d'argent. Les Nabatéens sont toutefois expulsés de Damas. En 55 av. J.-C., Gabinius, gouverneur romain de Syrie, réitère la manœuvre avec le même résultat.
En 47 av. J.-C., Malichos Ier envoie des cavaliers pour soutenir les légions romaines de César et d'Antoine dans leurs opérations militaires à Alexandrie. La cavalerie nabatéenne bénéficiait en effet d'une grande réputation. A la fin du Ier siècle, lors de la bataille dActium, les Nabatéens font partie de la coalition de peuples orientaux réunis par Antoine et Cléopâtre. InPétra Kaznehgrat, Antoine ampute le royaume nabatéen au profit de Cléopâtre. La révolte nabatéenne qui s'ensuit est écrasée par Hérode le Grand en 31 av. J.-C. près de Philadelphie (Amman). Ralliés à Octave après cette défaite, les Nabatéens participent à l'incendie de la flotte de Cléopâtre à Suez.
Sous le règne de Trajan, Cornelius Palma, gouverneur de la province de Syrie, annexe facilement la Nabatène en 106 de notre ère après avoir ruiné son commerce. La conquête romaine réduit la ville de Pétra au rang de simple métropole regroupée avec la Décapole pour constituer la province romaine d'Arabie ayant pour capitale Bosra.

Cependant, les Romains aménagent Pétra au même titre que toute cité romaine : construction dune voie à portiques et de thermes, dun arc triomphal à l'entrée du Siq. La Via Nova Traiana, construite de 111 à 114, relie la Syrie à la Mer Rouge en passant par Pétra. Les plus beaux monuments romains visibles actuellement datent probablement de l'époque des Antonins (IIè siècle apr. J.-C.). La cité atteint alors son apogée, mais le détournepétra théatrement des caravanes vers Palmyre et l'ouverture de routes maritimes directes avec l'Arabia Félix lui font perdre rapidement son rôle commercial. En 130, l'empereur Hadrien honore la cité de sa visite qui reçoit à cette occasion le nom de Pétra Hadriana mais contrairement à Jerash, cette visite ne déclenche pas un grand mouvement d'urbanisation. L'empereur Elagabal, d'origine orientale, honore la cité du titre de "colonie romaine" au début du IIIè siècle.

 

Période post romaine de Pétra

Vers 358,La ville de Pétra devient le siège dun évêché métropolitain lors de la création d'une nouvelle province, la Palestina Salutaris. Le moine syrien Barsauma, par son prosélytisme, convertit la cité au christianisme entre 419 et 422. Plusieurs édifices antérieurs sont réutilisés par les chrétiens, notamment le Tombeau à l'urne qui devient une cathédrale sous l'évêque Jason en 447 et le tombeau connu sous le nom d'El Deir.
A la fin du Ve siècle, une église à trois nefs est bâtie dans la plaine centrale de la cité en réemployant des matériaux issus de constructions antérieures. Peu après, l'église est réaménagée et agrandie, pourvue d'une cour d'entrée avec bassin. Le sol est décoré de deux grandes mosaïques qui ont été magnifiquement restaurées par les archéologues américains : elles personnifient les SaiPetrasons, l'Océan, la Terre et la Sagesse. L'église fut détruite par un incendie à la fin du VIe siècle.

Progressivement, Pétra tombe dans l'oubli. Des anachorètes chrétiens stombeau Pétra'installèrent par la suite dans les tombeaux existants ou creusèrent de nouveaux abris. En 363, un violent séisme ravage la ville de Pétra et détruit la plupart des édifices. Ceux-ci ne seront pas reconstruits, ce qui laisse à penser que le site est déjà sur la voie de l'abandon.

Lors de sa prise par les musulmans Pétra est déjà une cité anonyme. Pétra, à l'écart de la route du pèlerinage à la Mecque, présente peu d'intérêt. Les croisés y construisirent un fort sans réel intérêt stratégique qu'ils occupent de 1154 à 1216. Au XIIIe siècle, Baudouin II disperse les habitants du "Val Moyse". Jusqu'au XIXe, Pétra est tombée dans l'oubli.

Le 22 août 1812, Johann Ludwig Burckhardt, un suisse voyageant dans la région découvre Pétra. Sa visite est rapide, mais il parvient à décrire le Tombeau aux obélisques, l'arc triomphal, le Siq, le Khazneh et le Qasr-el-Bint Firaoun.

Le Siq de Pétra


Son emplacement, au sortir du Siq, sa décoration et sa dimension (30 m de large sur 43 m de haut) symbolise la grandeur et le mystère de Pétra. C'est certainement le monument le plus célèbre et le plus fascinant de Pétra. L'urne sommitale était sensée, selon une croyance bédouine solidement ancrée, contenir un trésor , d'où son état actuel, fortement endommagé par les impacts de tirs destinés à percer l'urne. Cette croyance a valu au monument son nom arabe qui signifie le "trésor du pharaon", les bédouins attribuant une origine égyptienne aux constructions de Pétra. La date de sa construction est soumise à controverses, entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIè siècle de notre ère ! L'édifice est certainement un tombeau royal, peut-être celui d'Arétas IV.
La façade a été taillée dans le grès rose de la montagne. On peut encore apercevoir les encoches qui ont servies à accrocher les échafaudages. D'inspiration hellénistique classique, la décoration rappelle le style corinthien le plus élaboré tel que l'on le concevait à Alexandrie, capitale de l'Egypte ptolémaïque, avec laquelle les habitants de Pétra entretenaient d'étroites relations commerciales. C'est peut-être de ce côté qu'il faut rechercher l'origine de la légende du pharaon et de son trésor.

Décoration de la façade du Siq de Pétra :

Le registre inférieur se compose de six colonnes à chapiteau corinthien dont l'une fut soigneusement restaurée en 1960. Les panneaux latéraux sont décorés de deux cavaliers assimilés aux Dioscures. Comme dans la mythologie grecque, les Dioscures étaient chargés de conduire l'âme des héros dans les Champs Elysées, beaucoup dhistoriens considèrent que le Khazneh est un tombeau.

Pétra

A mi-niveau, la frise, de style classique, se compose de motifs végétaux en rinceaux. Le fronton triangulaire se termine par deux lions, un de chaque côté.

Le registre supérieur se compose dun édifice central circulaire, la tholos, et de panneaux latéraux composant un péristyle. Sur la tholos des divinités sont sculptées en haut-relief. Celle du centre tient une corne d'abondance dans une main et une patère dans l'autre, attributs traditionnels dIsis Tyché, déesse de la Fortune. Les attributs de cette déesse figurent d'ailleurs sur le fronton du registre inférieur : disque solaire entouré de deux cornes et d'épis de blé.
Les panneaux latéraux représentent des Amazones brandissant une hache au-dessus de leur tête. Les panneaux d'entrecolonnement en renfoncement sont décorés de victoires aillées. Chaque demi-fronton supérieur se termine aux angles de façade par un aigle en acrotère.

L'intérieur du Khazneh.

Le vestibule s'ouvre sur trois salles. La grande salle, au fond, fait près de 150 m² : 11 mètres de profondeur, 13 mètres de large et 10 mètres de haut. On y accède par un petit escalier. L'absence de loculi dans chacune des salles ne plaide pas pour la thèse du tombeau, le Khazneh serait donc plutôt un mausolée commémoratif en l'honneur dun roi divinisé, à moins que l'alcôve du fond contenait peut-être initialement un sarcophage, pillé et détruit. Les deux autres salles se distinguent par une porte surmontée dun œil de bœuf légèrement ouvragé. Par un étonnant contraste avec la façade extérieure, l'intérieur du tombeau est d'une sobriété monacale : les parois sont nues. La décoration intérieure était peut-être constituée dun décor stuqué fixé aux parois.

En savoir plus sur Pétra :

Wikipedia Pétra

Le monde voyage : Pétra