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La villa d' Hadrien
L'empereur Hadrien
Autrefois appelée villa Tibur ou Tiburtina, la résidence impériale doit son nom à son fondateur : l'empereur Hadrien. Dès son accession au pouvoir, celui-ci décide d'installer sa résidence près de la cité de Tivoli - à environ 28 Km de Rome - , lieu de villégiature alors très prisé de l'aristocratie romaine. La cons
truction de la demeure impériale, débutée en 117 de notre ère, s'achève en 133.
La construction
La résidence d'Hadrien se compose de plusieurs édifices, disposés dans un parc d'environ 120 hectares. Bien que de dimension imposante, elle doit surtout sa renommée à l'originalité de son architecture et à la qualité de son environnement.
On sera peut-être surpris d'apprendre que s'est l'empereur lui-même qui mis au point les plans de sa résidence. Selon Apollodore , la villa portait d'ailleurs les stigmates d'un certain manque de professionnalisme, d'ailleurs, les traces de corrections et de reprises, apparentes sur certains monuments, révèlent des erreurs de conception. On peut affirmer, sans trop s'avancer, que les plans durent être retouchés au cours de la réalisation avec l'accord de l'impérial concepteur.
C'est autour d'une villa déjà existante qu'Hadrien décide de construire sa résidence. Il lui ajoute, d'un côté, une courqui donne accès à deux salles à manger, à deux chambres décorées de mosaïques, ainsi qu'à une entrée, aujourd'hui en ruine.
La villa
De l'autre côté, la villa est entourée d'une grande salle - décorée de mosaïques et traversée par trois rangées de colonnes, il est fort possible que cette salle ait été celle du Conseil – et d'une cour, bordée de colonnes. Cette dernière est fermée par une pièce rectangulaire, dite « des piliers doriques », qui mène à la salle du trône. Un peu plus loin, sélève un autre groupe de monuments nommés « place d'or », en raison des couleurs de ses marbres. S'il en reste aujourd'hui peu de chose, il fut autrefois un des endroits les plus prestigieux de la résidence. La cour, entourée de portiques et de jardins, conduit à une salle, ornée de piliers qui supportent une coupole. Très vaste, la villa comportait d'autres ensembles d'édifices, une salle de banquet, des thermes, un temple, un cirque, un petit palais, ainsi que le poecile ; c'est-à-dire un long rectangle, qui servait probablement de gymnase, délimité par des arcades, au centre duquel se trouve un bassin.
De part et d'autre, le bâtiment est soutenu par des édifices à étages, dans lesquels de petites chambres abritaient probablement les gardes ou les serviteurs impériaux. Ce dernier bâtiment, le poecile, fut rebaptisé ainsi à la Renaissance, car il évoquait une célèbre construction à portiques d'Athènes. Ce rapprochement s'appuie sur un texte antique, affirmant qu'Hadrien avait attribué à plusieurs lieux de sa villa, les noms de célèbres endroits de la Grèce et de l'Egypte. Ces noms étaient sans doute choisis pour souligner des caractéristiques communes aux bâtiments, et ne signifiaient pas, comme on l'a souvent cru, que les bâtiments, ainsi nommés, fussent des répliques parfaites des lieux visités par l'empereur.
Originalité du site.
Alors, bien sur, tous ces monuments présentent une grande richesse architecturale, on joue partout sur la diversité des formes géométriques, cercles, demi-cercles, carré, rectangles, courbes alternant avec des lignes droites, donnant aux murs des tracés inattendus! pourtant, les monuments qui rendent le plus justice à l'esprit d'invention de l'empereur sont le Canope et le théâtre maritime qui, par leurs charmes et leurs raffinements, donnent plus d'éclat aux bâtiments qui les entourent.
Le Canope est un long bassin (120 m de long), situé dans une des vallées du domaine, et doit son nom à un faubourg d'Alexandrie. Au fond s'élève une grotte artificielle, rappelant le Serapeum, temple dédié au dieu égyptien Sérapis . Le bassin, décoré de mosaïques et de marbres, est entouré par une colonnade, et de nombreuses statues – souvent des répliques de grands sculpteurs grecs. Ces œuvres ont, semble t-il, été commandées par Hadrien, fervent admirateur de la culture grecque. Au-delà de ce bassin se trouve le théâtre maritime qui, comme ne l'indique pas son nom, est un petit pavillon, retraite privilégié de l'empereur éclairé qui s'y retirait sans doute pour peindre, sculpter ou écrire. Ce havre de paix est isolé sur une île, baignée par les eaux d'un canal entouré d'un portique ; accessible par des ponts en bois mobiles, cette maison était toute entière vouée aux exigences de confort de l'empereur. Ainsi, on trouve à l'intérieur : des bibliothèques grecque et latine, des bains, des latrines et une salle à manger.
Le tombeau de l'empereur
C'est dans ce château de plaisance qu'Hadrien, l'infatigable voyageur, souhaita passer les dernières années de sa vie. Revenu très malade de Palestine, cette demeure, qu'il avait conçu pour être son « paradis terrestre », lui devint un enfer moral et physique.








