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Carnet de voyage en Asie
Voyage en solitaire à travers toute l'Asie .
Personnes participant a ce voyage
Personnes ayant participé à ce voyage :
Rémi Perrault
Marianne BoyerParcours
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Voir Singapour...... et repartir
1 commentaire(s)Les derniers jours de mon voyage auront été réservés à Singapour. Par une coincidence, peut-etre non denuée d'un desir subconscient visant la recherche "logique" d'un retour progressif a la vie parisienne, je réalise ici qu'entre l'ensemble des lieux dans lesquels je me serais rendu au cours de ces 3 mois, (Delhi, Benares, Buenos Aires, Salta, Bangkok, Kuala Lumpur, Malacca entre autres....), la première de mes étapes était la ville la plus pauvre, tandis que ma dernière destination- Singapour, était de loin la plus opulente.
Singapour, donc.... Derriere ce nom qui véhicule, bien au-dela de ses frontières, son lot de superlatifs et de clichés divers (effrayant ou rassurant pour un occidental, au choix) de l'interdiction de macher du chewing-gum à la peine de mort pour détention de drogues, en passant par une réputation de "ville la plus sure d'Asie", je souhaitais me faire ma propre idée.
Cité-Etat de 4 millions d'habitants dotée d'un territoire minuscule (0,15% du territoire francais), dont la composition ethnique rappelle celle de la Malaisie à un detail pres (les Chinois sont ici largement majoritaire devant les Malais, les Indiens et les autres minorités incroyablement variées), Singapour a eu au cours de son histoire "moderne" (qui commence en 1820 avec la colonisation anglaise et plus particulierement au cours des cinquante dernieres années), un destin exceptionnel, qui n'est pas sans rappeler celui du Japon. Ce qui en 1965 (date de l'expulsion de Singapour en dehors de la confédération malaisienne), n'était sommes toutes guère plus qu'un gros port, s'est métamorphosé en l'espace d'une génération en un pays tres riche, industrialisé et ultra-moderne, drainant dans ses activités économiques (banques, assurances, constructions immobilieres, plateformes petrolieres, transport maritime, etc...) certains des meilleurs cerveaux du monde, attirés par un niveau de vie exceptionnel.
Au cours d'une soirée amusante et bling-bling passée sur Sentosa (une ile artificielle devenue, grace à une science exceptionnelle de l'aménagement du territoire un gigantesque parc d'attraction avec ses logements luxieux, ses complexes hoteliers, ses bars trendy,et des plages de sable blanc reconstituees...), j'ai eu un apercu de la realité Singapourienne vécue par les communautés de jeunes et riches expatriés, dont la vie oscille, tel un pendule (pour filer la metaphore Schopenhauerienne ) du travail intensif au networking festif.
Car on travaille énormement a Singapour, cet "amour" du travail étant à l'évidence l'une des valeurs les mieux partagées expliquant la prosperité du pays. La finalité de tant de stress et d'efforts semble concentrée vers un but unique: l'accumulation toujours plus importante d'épargne, qu'il convient, dans la mentalité singapourienne (cad largement chinoise) de thésauriser et faire fructifier. Les entorses à cette règle sont rares, mais existent: l'achat d'une belle montre (Seguela aurait ici raison...) ou d'une Ferrari par exemple, semblent d'indispensables attributs pour démontrer à soi et aux autres sa reussite personnelle. On dit à Singapour que le shopping est le "sport national". Ici en effet, les grandes enseignes du luxe trouvent un terrain de jeu exceptionnel, car les habitants, dont le temps libre est davantage compté que le contenu du portefeuille, trouvent dans l'épanouissement d'une consommation, que d'aucuns jugeraient superficielle, la justification d'une telle ardeur.
La grande attraction de Singapour est son zoo dernier-cri, bien loin de l'atmosphère glauque que l'on ressent dans les zoos francais), et qui se double d'un parc animalier grandeur nature permettant d'effectuer un "night safari" impressionnant, à quelques mètres des animaux de la savane.
Singapour ne dispose que d'un faible patrimoine historique. Néanmoins, a l'instar de la Malaisie toute proche, ou des lointains Emirats, le pays s'est donc doté en quelques années d'intéressantes structures culturelles pour tenter d'etre a la hauteur de son statut de nouvelle puissance. Le "Musee National de Singapour" et davantage encore le "Musée de la culture asiatique" se révelent ainsi passionnants. En dépit de collections faibles en terme numérique, si on les compare aux gros musées européens par exemple, la mise en scene intelligente et l'extraordinaire savoir-faire singapourien en terme de technologies (audio et video...) rendent les parcours parfaitement didactiques et adaptés à tous types de visiteurs.
Ces quelques jours à Singapour auront donc réservé des moments tres intéressants et de tres sympathiques rencontres, transition parfaite avant la reprise et les températures hivernales qui m'attendent à present....Glaglagla
Siem Reap, les temples d’Angkor et le floating village
0 commentaire(s)Nous voici pour quelques jours a Siem Reap, afin de visiter les grandioses temples d’Angkor bien sur, mais ce séjour nous aura permis également de nous imprégner de quelques elements de vie Khmer.
Si l’époque de la fascination éprouvée par la découverte en pleine jungle de l’ensemble des temples monumentaux d’Angkor semble bien révolue (il est en effet difficile de se prendre pour Pierre Lotti, lorsque l’on est cerné de touristes de toutes nationalités), la beauté et le charme des lieux reste magique, en particulier dans les temples (Ta Prohm par exemple) ou les conservateurs ont pu et su garder jusqu’á present intacts les arbres aux troncs gigantesques qui enserrent et écrasent les pierres, fragilisant les édifices tout en donnant aux lieux un aspect surnaturel que toute personne visitant Angkor souhaite admirer, ne serait-ce que quelques minutes au cours de sa visite. Les couchers de soleil, moments a priori propices au romantisme, mais que l’on partage ici entouré de dizaines de touristes n’en font donc pas partie. La visite du plus connu et du plus grand des temples (Angkor Vat) demeure exceptionnelle (notamment pour ses bas-reliefs qui racontent, tels un dessin animé antique, les plus grands épisodes de la mythologie hindoue) sans etre nécessairement la plus inoubliable. Angkor ayant tour a tour été Hindouiste ou Bouddhiste en fonction du regne de tel ou tel de ses rois, la compréhension de la maniere dont ces deux religions se sont entrelacées constitue une source stimulante pour donner du sens a cette profusion de merveilles.
La monnaie officielle est le Riel, et le taux de change en vigueur (6000 pour 1 euro) donne une idée de l’hyperinflation qui ronge le pays, a tel point que la véritable monnaie officielle d’échange est… le dollar US. Tout ici se compte en $, et les distributeurs automatiques ne délivrent d’ailleurs que des $, ce qui constitue une expérience assez troublante…
Sur tous les sites, la presence de femmes et d’enfants de 7 ou 10 ans bradant leurs quelques articles est un rappel a la réalité: des fruits, des bracelets, des flutes, des pashminas, des livres piratés (copies de livres originaux comme des guides Lonely Planet vendus 2 $), tout est a vendre… (un policier m’a meme proposé son insigne de police pour 2$... Ahhh comme je regrette d’avoir décliné… A noter que les enfants, qui ont tous un don exceptionnel pour faire la tete éploré du chat botté de Shreck, s’expriment dans un meilleur Anglais que celui d’un éleve Francais moyen de Terminale.
Lorsqu’une certain lassitude (ou plutot la crainte de ne plus pouvoir regarder ces temples extraordinaires avec un regard frais) gagne le touriste après une surexposition prolongée, Siem Reap et ses alentours constituent une base tres agréable et intéressante: On y mange aussi bien dans les faubourgs populaires que dans les quelques restaurants pour touristes bo-bo (dans lesquels j ai pu gouter a la viande de crocodile et de serpent, miam). Une excursion au floating Village, (situé a une vingtaine de km de Siem Reap sur l’immense lac Tonle Sap qui fournit au Cambodge une grande partie de sa peche) permet d’observer la vie de ces familles vivant sur l’eau dans leurs cahutes sur pilottis.
Bébés, enfants, adolescents, jeunes hommes et femmes, le Cambodge est un pays tres jeune: …. Rares sont les personnes de plus de quarante ans que nous avons croisé a Siem Reap. On ne peut s’empecher en faisant ce constat de se souvenir que 2 millions de personnes ont perdu la vie il y a une trentaine d’annees, conséquence de la folie des Khmers Rouges et des famines qui ont suivi leur chute. Ce passé atroce qui nous semble si proche dans le temps ne semble donc paradoxalement pas ancré dans toutes les tetes aussi fortement que je l’imaginais. Quoiqu’íl en soit, la résilience, la debrouillardise, la gentillesse et l’enthousiame des Cambodgiens que nous avons croisés aura constitué un moment particulierement réjouissant dans ce voyage
